Un projet néfaste et dangereux pour les usagers et les personnels des IEG ! …

La loi actuellement en débat à l’assemblée nationale et votée en première lecture le 14 octobre dernier, appelée « Transition énergétique pour la croissance verte » qui sera à nouveau débattue puis entérinée en début d’année, porte en elle un danger imminent : le démantèlement progressif des entreprises que sont EDF-SA, GDF-Suez et le CEA.De lourdes menaces planent sur l’avenir de ce qui reste du service public de l’énergie !

Ce projet de loi comporte 8 chapitres :

1. Définir des objectifs communs pour réussir la transition énergétique.

2. Mieux rénover les bâtiments.

3. Développer les transports propres pour améliorer la qualité de l’air.

4. Lutter contre les gaspillages et promouvoir l’économie circulaire.

5. Favoriser les énergies renouvelables.

6. Renforcer la sûreté nucléaire et l’information des citoyens.

7. Simplifier et clarifier les procédures.

8. Donner aux citoyens, aux entreprises, aux territoires et à l’état le pouvoir d’agir ensemble.

Le contexte et les conséquences :

Si, dans la forme, les déclarations d’intentions paraissent recevables, sur le fond elles condamnent progressivement le service public de l’énergie, notamment :

– en permettant l’ouverture à la concurrence d’une part importante des concessions hydrauliques,

– en impactant fortement le parc nucléaire pour le ramener progressivement à 50 % de la puissance installée à l’horizon 2030,

– en régionalisant la production et en permettant aux intérêts privés de s’engouffrer dans la brèche.

La facture d’électricité :

La facture de l’électricité est actuellement assise sur un mix énergétique pour 73 % de nucléaire, 14 % d’hydraulique, 8 % de thermique et 5 % d’énergies renouvelables.

La diminution drastique de la part du nucléaire et la privatisation d’une part importante du parc hydraulique aura un impact fâcheux sur les prix avec une augmentation déraisonnable de celui de l’électricité.

La gestion du réseau :

Qu’adviendra-t-il des usages de l’eau, des contraintes d’exploitation liées aux cahiers des charges de ces ouvrages, de la sécurité des riverains ?Que deviendra la gestion et la maintenance du réseau THT si une partie du capital de RTE, soit de 5 à 10 milliards d’euros d’actifs, est offerte aux marchés pour renflouer les caisses de l’état comme annoncé ? Ces évolutions auront des conséquences sociales terribles en termes de restructuration et d’effectifs dans les entreprises ainsi que pour la sous-traitance dans le nucléaire, elles seront économiquement lourdes et difficilement supportables par la nation.

 

Les énergies renouvelables et le réchauffement climatique : 

La promotion des énergies renouvelables telle que l’éolien et le photovoltaïque est fortement dépendante de facteurs météorologiques (ensoleillement et vent). Si elles paraissent incontournables par rapport au réchauffement climatique, elles sont cependant très volatiles et aléatoires. Elles nécessiteront un palliatif durant les périodes où les conditions climatiques ne seront pas favorables…

Le secteur du transport, premier responsable des émissions de gaz à effet de serre, est traité à la marge dans la loi. Pire, la loi Macron, actuellement en débat, prévoit une augmentation sensible du transport par autocar au détriment du rail par libéralisation de ce secteur !

La régionalisation et ses conséquences :

La régionalisation promulguée par le projet de loi risque de désoptimiser l’exploitation des réseaux déjà fragilisés par la gestion libérale de l’entreprise EDF-SA ! Elle permettra aux collectivités locales d’interférer dans la conduite et la gestion du parc de production.

Faudra-t-il alors mettre en service des moyens de production à partir d’énergies fossiles (charbon, lignites) très émettrices de CO2 ? Seul un organisme national (peu importe quel nom on lui donne : nationalisation, pôle public de l’énergie, etc.) sous le contrôle des représentants de l’état, des usagers et du personnel, peut permettre de gérer au mieux le système production/transport, de tracer des perspectives d’avenir pour répondre aux besoins de la Nation et d’investir sur le long terme pour prendre en compte lesnécessités de demain… 

 Le chèque énergie et la rénovation de l’habitat :  

Le chèque énergie pour les plus démunis sera-t-il suffisant pour leur garantir un approvisionnement correct ? Quels seront les budgets débloqués à cet effet par l’état ? Rien n’est dit sur les moyens mis à disposition pour aider les particuliers à améliorer l’isolation de leur habitat ! Et quid des locataires…

Le projet de loi fait l’impasse sur le sujet :

Nous connaissons tous le désastres que l’ouverture du capital a produit pour les personnels :

– suppression massive d’effectifs,

– dégradation des services,

– éclatement et désorganisation des entreprises,

– filiations,

– blocage des salaires,

– réduction des avancements au choix,

– répression des salariés,

– désindexation des pensions du salaire national de base pour les retraités,

– restructuration de la mutuelle entraînant une augmentation sensible des cotisations pour les inactifs, etc.).

Nos activités sociales seront durement impactées par la remise en cause de la loi de nationalisation !

Comme l’indique Delphine Batho (ancienne ministre démissionnaire de l’écologie et de l’énergie) lors d’une interview à un journaliste : « IL NE PEUT PAS Y AVOIR DE TRANSITION ENERGETIQUE SANS RENATIONALISER EDF »

C’est une décision plus que jamais nécessaire pour soustraire l’entreprise à l’appétit des intérêts privés et permettre à la nation de se réapproprier ce bien commun garant de la cohérence nationale au service de l’intérêt général !

Un bilan simple à vérifier : depuis l’ouverture du capital en 2004 et la transformation d’EDF et GDF d’EPIC* en SA, le coût de l’électricité a augmenté de 21 % et celui du gaz de 75 %… L’énergie, comme l’eau est un bien commun vital à la nation toute entière et ne peut pas dépendre du secteur marchand…

Dans un proche avenir nous serons appelés à nous mobiliser pour sauvegarder cet outil, parlons-en autour de nous, interpellons nos élus et la population de notre pays.

*EPIC : Etablissement Public Industriel et Commercial.

SA : Société anonyme

Que dire sur les conséquences pour le statut des agents des industries électriques et gazières, quelles garanties pour l’avenir ?Qu’en est-il du débat démocratique nécessaire autour d’un projet qui concerne chacun d’entre nous, le devenir de la nation, de nos enfants ? Comment seront gérés et considérés les retraités ? Comment évoluera le statut du personnel ? Quid du fond du 1 %, de la CCAS, du réseau d’institutions, de nos CMCAS, des gestionnaires réseaux sociaux ? des activités sociales et des réseaux sociaux ?

Battons-nous pour sauvegarder ce qui fut un modèle industriel et social

reconnu et envié dans le monde entier…

Faisons entendre notre voix !!!

 

 

  

 

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